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Cherche désespérément diagnostic du modèle de croissance
Redouane Taouil | 5 Novembre 2018
     

Il est de plus en plus fréquent de lire ici et là, que le diagnostic sur la qualité de la croissance étant établi, il est temps de formuler des recommandations et de concevoir des mesures de politique publique. Un tel propos se prête à contestation à un double titre : outre qu’il y a loin entre la réalité des observations parcellaires sur le modèle de croissance et l’élaboration argumentée d’un tel diagnostic, celle-ci est un préalable obligé à la réflexion sur les voies à emprunter.

Certes, le débat en cours est l’occasion d’exposés de données et d’assertions sur l’insuffisance de la progression du PIB, la vulnérabilité de la croissance, le caractère persistant du chômage, le sous-emploi massif des jeunes, la faiblesse de la productivité globale, les déséquilibres régionaux comme sur le déficit de «  capital humain »,  les carences des services éducatifs et de santé ou la montée des inégalités. Il est remarquable, cependant, qu’il s’agit beaucoup plus d’observations locales que d’analyses des liens entre, d’une part, le contenu des politiques conjoncturelles, des réformes structurelles et des plans sectoriels et, d’autre part, le comportement et les performances de l’économie nationale.

L’identification de ce contenu sur le plan institutionnel et opérationnel et l’évaluation globale de la cohérence du régime de politique économique selon ses propres critères d’efficacité sont nécessaires pour déterminer les facteurs majeurs d’inefficience et les effets contreproductifs, les dispositifs et les règles défectueux et les principes inappropriés. « L’économie et la pratique du développement - s’interroge François Bourguignon - n’ont-elles donc été qu’une suite d’essais, dont certains ont débouché sur des succès retentissants, mais dont la grande majorité n’a eu que peu d’impact ? ». La comparaison avec des expériences dans les pays du Sud serait indubitablement en mesure d’éclairer les bilans des politiques de stabilité macroéconomique selon des règles fixes et les  réformes des marchés destinées à intensifier la concurrence et la flexibilité qui restent tenues pour la panacée.

La définition rigoureuse d’une politique  pour la relance de la croissance et de l’emploi et la réduction du déficit social requiert un tel angle de vue. En appeler  à la formulation de propositions en faisant bon marché du diagnostic revient à exonérer ces propositions des preuves de justification. En sous-estimant l’importance des enjeux analytiques, cette démarche conduit immanquablement à une juxtaposition des recommandations. Or, Réfléchir sur les voies possibles requiert une vision globale centrée sur la spécification des conditions d’une dynamique vertueuse en termes d’emploi, de bien-être et de cohésion sociale. Pareille vision exige d’ôter au développement sa figure d’arlésienne et de le questionner dans les termes d’Amartya Sen comme expansion des libertés réelles. Pour autant, remettre en cause les  poncifs et  les bévues, les fallaces et les certitudes bétonnées, en puisant dans les interrogations à l’œuvre au sein de l’économie du développement grâce notamment à Rodrik et  Chang, est d’un intérêt insigne.  « La critique- soutient Heidegger- est le comble du positif ».


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